Le Figaro

Présentation

Première version du journal, aujourd’hui l’un des plus vieux au monde, Le Figaro est d’abord un quotidien éminemment satirique, véritable pied-de-nez à la censure monarchique par son sous-titre qui parodie la devise de journaux ultras royalistes de la Restauration comme Le drapeau blanc : « Vive le roi ! … quand même ». Il doit faire face à la censure et sa parution est parfois irrégulière. Baptisé en l’honneur du valet de chambre du comte Almaviva dans la fameuse pièce de Beaumarchais, Le Figaro manie brillamment l’arme littéraire pour s’immiscer dans le débat politique. Il n’est pas totalement républicain pour autant, bien qu’accueillant des rédacteurs républicain et serait plutôt favorable à une monarchie tempérée et voit avec entrain la Révolution de Juillet puis devient très critique du régime en place. Génial dans l’opposition, et plus quelconque au pouvoir, une fois racheté par un ministre de Louis-Philippe, c’est à cette période qu’il perd son identité satirique pour devenir un journal politique et littéraire mieux établi et prend la devise : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Couverture du Figaro du 20 janvier 1826.

Renaissance d’un journal

En 1854, quatorze ans après la disparition du petit journal subversif du temps de Charles X, Hippolyte de Villemessant relance Le Figaro. Paraissant d’abord sous la forme d’une petite feuille de chou littéraire, Le Figaro absorbe L’Événement en 1866 pour devenir, sans transition, le grand quotidien conservateur que l’on connaît. Dès les années 1880, il abandonne la cause du monarchisme pour adhérer aux principes républicains. Suivant en ce sens une ligne dreyfusarde à la fin du XIXe siècle, le journal voit les trois-quarts de son lectorat l’abandonner pour lui préférer le plus droitier L’Écho de Paris.

Quatorze ans après la fin du premier Figaro, le titre est repris par l’entrepreneur de presse Hippolyte de Villemessant qui, tout en faisant appel à des rédacteurs de premier ordre (les frères Goncourt, Baudelaire, Jules Vallès…), imagine des rubriques nouvelles et en fait un des principaux journaux parisiens, lu surtout de la bourgeoisie. Il devient quotidien en 1866. À partir des années 1880, il connaît un véritable essor : son tirage dépasse les 80 000 exemplaires. Il sera dreyfusard.

En 1902, Gaston Calmette réorganise le journal, ciblant un public plus aristocratique et accueillant les signatures, entre autres, de Pierre de Coubertin ou de Marcel Proust. En 1922, Le Figaro est repris par le parfumeur François Coty. La politique devient le principal objet du quotidien, qui sous la direction de Coty devient antiparlementaire et antisémite. Le tirage tombe alors à 10 000 exemplaires. Pierre Brisson devient directeur à la mort de Coty en 1934. Il restera trente ans à la tête du journal.

Pendant la guerre, il se déplace en zone sud avant d’être suspendu en novembre 1942. Il reparaît à la Libération, devenant le journal du MRP face aux socialistes et aux communistes, puis se ralliant à De Gaulle à l’avènement de la Ve République.

Le journal est racheté par Robert Hersant en 1975. En 1978 est créé le supplément Le Figaro Magazine. Au fil des années, le quotidien, qui soutient les candidatures de Jacques Chirac, s’ouvre de plus en plus aux idées libérales. Un site web est créé en 1999. En 2004, la Socpresse, maison mère du Figaro, est rachetée par le groupe Dassault.

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